Les chevaux sont très intéressants parce qu'ils vivent en totale liberté et qu'ils sont protégés. Il reste très peu de populations de chevaux de ce genre dans le monde. Ils vivent également dans un habitat tout à fait particulier, sur une île de sable dans un système de dunes. Ils sont ici depuis deux cents ans et ils sont féconds. Leur population varie, de
deux cents à quatre cents chevaux environ. Mais en général, ils sont à peu près trois cents sur l'île. Ces chevaux sont uniques. Étant protégés, ils ne sont pas particulièrement farouches. On peut donc les approcher, ce qui fait qu'on peut reconnaître chacun d'eux et en suivre l'évolution, de la naissance à
la mort. C'est ce qui rend les
données recueillies sur l'île de Sable si précieuses. Elles donnent un tableau complet de la vie de chaque individu de cette population. Pour obtenir ces données, au printemps et en été, je dois aller observer les bandes régulièrement. J'essaie de repérer les nouveaux poulains, de les identifier et de noter quelques détails de leur apparence pour pouvoir
suivre leur développement. En hiver et au printemps, je dois retrouver les animaux morts et marquer leur carcasse pour pouvoir plus tard en recueillir le crâne et tout le squelette si possible. Je prélève également des échantillons de tissus aux fins d'analyse de l'ADN. Les crânes et les tissus sont conservés et ils seront archivés au Musée de la Nouvelle-
Écosse, à Halifax. Ainsi, au-delà de mon travail et longtemps après moi, des gens pourront utiliser ces échantillons et ces archives pour poursuivre nos travaux.