L'appel de l'île

La première fois que j'ai entendu parler de l'île de Sable, j'occupais un emploi d'été à Sheerwater, qui était alors une base navale. Je travaillais à la cuisine avec une femme, Katie Zacharakis, qui avait déjà vécu sur l'île de Sable. Tout en travaillant, nous bavardions et elle me parlait de sa vie là-bas.Bien que je sois née à Halifax et que j'aie passé la majeure partie

de ma vie en Nouvelle-Écosse, ce sont vraiment les récits de Katie qui m'ont fait découvrir l'île de Sable. Au bout de quelques semaines, j'ai commencé à écrire à la Garde côtière pour obtenir la permission d'y aller. Ça devait être en 1970. En 1971, j'ai finalement été autorisé à me rendre sur l'île, mais seulement pour trois jours. Quand j'ai quitté l'île au bout

de ces trois journées, la seule pensée d'en être éloignée m'était devenue intolérable. J'ai donc recommencé à embêter et à harceler la Garde côtière pour pouvoir y retourner. C'est comme ça que tout a commencé. Mon deuxième séjour a duré quelques semaines au cours du même été. J'avais réussi à retourner sur l'île peu de temps après y avoir

été pour la première fois, mais ensuite j'ai été un certain temps sans pouvoir y aller. Puis, en 1974, je me suis portée volontaire comme cuisinier pour une équipe de l'Université Dalhousie qui faisait une recherche sur les phoques. Et depuis, j'ai fait de nombreux séjours sur l'île de Sable.Au début, c'est-à-dire du milieu des années 70 au début des

années 80, j'y passais seulement deux ou trois mois par année. Ensuite, vers 1982 ou 1983, j'ai commencé à séjourner dix à onze mois par année sur l'île. On peut dire que j'ai vécu la majeure partie de ma vie adulte ici.