J'ai commencé à l'Université Laval à étudier les oisons qui marchaient au froid parce qu'on voulait reproduire les conditions que les oisons sauvages retrouvent en milieu naturel donc dans l'Arctique canadien. On avait une chambre réfrigérée à 5 degrés celcius qui est la température moyenne qu'on retrouve dans l'Arctique pendant l'été. Et on avait
aussi un tapis roulant parce que les oisons doivent marcher continuellement pour s'alimenter. Alors on avait appris aux oisons à marcher sur le tapis roulant, ce qui n'était pas un problème parce que nos oisons étant imprégnés apprenaient des choses très vite quand on le faisait nous aussi. De cette manière, on a pu prendre les
mesures qui étaient extrêmement intéressantes au niveau du métabolisme donc de la dépense d'énergie pendant que l'oison marchait et aussi pendant que l'oison ne marchait pas. On a également pris des températures au niveau du plumage, de la peau, au niveau des pattes, du bec et également des températures internes. On s'est
rendu compte que les oisons étaient remplis de surprise parce qu'on ne s'attendait pas à avoir les résultats qu'on a eus. Quand les oisons marchent au froid comme s'ils étaient dans leur milieu naturel, ils ne dépensent pas plus d'énergie que s'ils sont au repos et ça c'est seulement vrai à 5 degrés donc relativement froid. Mais si tu les fais
marcher à 20 degrés par exemple, 20 degrés celcius, la température de la pièce, ce n'est plus vrai. Ils dépensent grosso modo deux fois plus d'énergie pour marcher que pour être au repos. Alors l'avantage des oisons en milieu naturel c'est qu'il fait 5 degrés celcius, il fait froid, ils marchent. Alors qu'ils marchent ou qu'ils ne marchent pas, ils dépensent la même quantité
d'énergie mais évidemment s'ils marchent, ils s'alimentent; tu manges, tu grossis, tu prends des forces, tu es prêt pour l'envol deux mois après.