Quand on fait des biopsies, on essaie d'avoir des photos pour savoir de quel animal on a fait la biopsie. Ça nous permet de connaître le sexe de l'animal. En fait il y a deux choses qu'on récolte dans la biopsie : il y a la peau et le gras. Avec la peau, on peut connaître le sexe des animaux, on peut même avec certaines analyses connaître les patrons de filiation,
donc savoir qui est la mère de qui, le père de qui. Il y a aussi tout l'aspect contaminants et nourriture que l'on peut disséquer avec les biopsies. Quand on a commencé à faire des biopsies ou quand on a pensé faire des biopsies, on s'est beaucoup questionné à savoir est-ce que c'est éthiquement acceptable, est-ce que les animaux vont réagir,
est-ce que c'est dangereux de les blesser. On avait regardé dans la littérature ce que les autres rapportaient et on a jugé que c'était acceptable de le faire. La majorité des équipes quand ils font des biopsies notent aussi la réaction des animaux et essaient de faire une étude de la réaction des animaux aux biopsies.
On a vu, entre autres chez les bélugas, c'est assez intéressant, que la flèche aille sur l'animal ou que la flèche tombe à côté, dans certains cas les animaux donnent un gros coup de queue, tout le groupe plonge.
Donc il ne semble pas que ce soit pas le prélèvement comme tel mais plus le bruit de la flèche qui les fasse réagir. Chez les grands rorquals, il semble qu'il y ait une partie des animaux, à peu près un tiers des animaux qui ne réagissent pas du tout et l'autre deux tiers réagit un peu ou plus.
La réaction, ça peut être de ne pas refaire surface, ça peut être d’accélérer, de se laisser couler et parfois quand les animaux réagissent un peu plus fort, c'est de sortir un lobe de queue ou de tourner un peu. Tu as l'impression que tu les as vraiment dérangés.
Mais par contre, ça n'affecte pas la difficulté avec laquelle on peut les rapprocher une heure après, non plus que leur présence. Les animaux qu'on a biopsié n'arrêtent pas de fréquenter un secteur.