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Le bar rayé, une espèce en voie de... réapparition

05-09-2011

poisson

(Montmagny) Le dernier tournoi de pêche sportive du bar rayé a eu lieu en 1963 à Montmagny. À cette époque, des dizaines de pêcheurs convergeaient vers l'archipel de l'Isle-aux-Grues dans l'espoir de capturer ce combatif poisson à la chair blanche presque complètement dépourvu d'arête et pouvant mesurer jusqu'à 1,8 mètre.


Depuis 1967, plus aucune prise commerciale n'a été enregistrée. Québec a officiellement classé Morone saxatilis dans les espèces disparues du fleuve en 1996. En 2001, la Société de la faune et des parcs du Québec a entrepris une opération de réintroduction du bar rayé. Les biologistes se sont rendus au Nouveau-Brunswick, dans la rivière Miramichi, l'un des deux seuls lieux de fraie du Canada, pour y capturer un grand nombre d'individus juvéniles.


La moitié de ceux-ci se sont retrouvés dans le fleuve Saint-Laurent. Les autres spécimens ont été conduits à la station piscicole de Baldwin-Coaticook, située tout près de Coaticook, en Estrie. La pisciculture possède la technologie la plus impressionnante dans l'est de l'Amérique du Nord pour favoriser la reproduction des poissons d'eau douce.


De belles surprises


L'équipe du biologiste des Ressources naturelles et de la Faune, Michel Legault, se réjouissait des résultats obtenus depuis qu'elle a installé ses filets dans le bassin de Montmagny il y a deux semaines. La période de reproduction du bar rayé a lieu de la mi-mai au début de juin.


Les biologistes ont encore une semaine pour recueillir des données sur leurs captures dans le bassin avant que le poisson ne regagne les estuaires et les baies du Saint-Laurent.


Une salle d'opération de fortune permet aux biologistes d'insérer une puce émettrice dans les plus gros spécimens, que l'on peut suivre ensuite sur les récepteurs de Montréal à Rivière-Ouelle.


«L'an dernier, nous avons découvert des larves de bar rayé ici, ce qui nous fait croire que les conditions de reproduction en milieu naturel sont réunies. Voilà ce que nous souhaitons confirmer cette année», dit Michel Legault.


Si chaque femelle peut pondre entre 50 000 et 1,5 million d'oeufs dont l'éclosion aura lieu aussi tôt que 48 à 72 heures plus tard, c'est le stade suivant qui est critique.


La survie des larves est liée à l'abondance de zooplancton, ce qui constitue une démonstration de la qualité du Saint-Laurent.


«À notre grande surprise, nous avons aussi découvert un tapis d'oeufs d'esturgeon jaune dans le bassin de Montmagny, ce qui démontre que le fleuve est en meilleure santé qu'à l'époque.»


Source: cyberpresse.ca


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