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Deux millions de dollars le requin

19-07-2011

requin

La présence d’un requin près d’un site de plongée peut générer jusqu’à deux millions de dollars de recettes touristiques.Les requins de récif, comme ce spécimen photographié en mer rouge, attirent de nombreux touristes. SUPERSTOCK/SIPA Les requins de récif, comme ce spécimen photographié en mer rouge, attirent de nombreux touristes. SUPERSTOCK/SIPA


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Un unique requin de récif peut contribuer pour près de 2 millions de dollars dans sa vie à l'économie de Palaos, selon une nouvelle étude réalisée par l'Institut australien des sciences marines (AIMS) et la University of Western Australia.


L’archipel des Palaos est un pays d'Océanie situé en Micronésie dont la principale ressource est le tourisme. Dans cette étude, des scientifiques ont quantifié les avantages économiques issus de la présence de requins dans certains spots de plongée et du tourisme que cette présence drainait. Il en ressort que pour cette nation insulaire les requins, chassés dans le monde entier pour leurs ailerons, rapportent beaucoup plus à certaines économies locales vivants que morts.


« Les requins peuvent être littéralement des millions dollars species et un moteur économique important » explique l'auteur principal Mark Meekan, scientifique à l'Institut australien des sciences marines. « En raison de leur faible taux de reproduction et d’une maturité tardive, les populations de requins régressent à cause de la pêche. Pourtant, notre étude montre que ces animaux peuvent contribuer beaucoup plus en tant que ressource touristique que comme cible de capture.»"


Les chercheurs ont constaté que la valeur annuelle d’un requin de récif sur un site de plongée sous-marine, pour l’industrie touristique des Palaos, représente  163.000 $ par an, soit environ 1,7 millions de dollars pour la durée de vie de l'animal. Cela génère également environ un million de dollars en salaires par an.


À l'échelle mondiale, jusqu'à 73 millions de requins sont tués chaque année, principalement pour leurs ailerons, qui sont utilisés dans la soupe d'ailerons de requin - une délicatesse asiatique. Les États insulaires du Pacifique ont été parmi les premiers à reconnaître le danger de ce taux de consommation non durable. En 2009, les Palaos fut le premier pays au monde à déclarer toutes ses eaux territoriales comme sanctuaire pour les requins. Depuis, l'État américain de Hawaii, les territoires de Guam et des îles Mariannes, et la République des Iles Marshall interdit la possession, la vente ou la distribution des nageoires de requin.


« Le tourisme autour des requins peut être un moteur économique viable », a déclaré Matt Rand, du  Pew Environment Group qui a commandé l’étude. « La surpêche des requins peut avoir des effets désastreux sur les écosystèmes océaniques, mais cette étude fournit un argument qui peut convaincre les autres pays de sauvegarder ces animaux pour leur valeur écologique et financière ».


Joël Ignasse


Sciences et Avenir.fr


03/05/2011


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