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Voyage en invisible

30-12-2010

oeuf, microbiologie

A l’aide d’un puissant microscope à balayage électronique, le Bâlois Martin Oeggerli se plonge dans l’infiniment petit. Découverte des œufs de papillons, entre perfection naturelle et art contemporain. Profession: «micronaute», comme il dit joliment. Du grec mikros, petit, et nautês, le navigateur; l’inverse du cosmonaute, un explorateur de l’infini minuscule.


Martin Oeggerli, 36 ans, a découvert un peu par hasard le monde invisible qui nous entoure. Biologiste employé de l’Institut de recherche contre le cancer de l’Université de Bâle, il observe un jour un grain de pollen sous un puissant microscope à balayage électronique… Ces machines qui bombardent le sujet d’électrons et qui analysent les particules en retour (pour faire simple) sont capables de grossir un objet deux millions de fois – contre 2000 seulement sous un microscope optique. L’image qu’il découvre alors est saisissante, aussi belle, peut-être même davantage, que la tulipe qui a produit l’échantillon.


Totalement séduit, le microphotographe multiplie les prises de vue et y ajoute son grain de sel, de couleurs plutôt. En effet, soumis à un tel grossissement, ses modèles sont d’apparence triste, grise, transparente… Alors, avec un talent artistique manifeste, il les colorie pour mieux donner à voir leur forme, leur structure, leur matière. Ainsi rehaussées de couleurs vives, ses collections de pollens font deux fois la couverture du prestigieux National Geographic Magazine et décrochent de nombreux prix.


Génie de l'oeuf
Parmi les petites merveilles à avoir passé sous l’œil de son microscope, les œufs de papillons les plus communs; ils révèlent le monde fantastique des pages précédentes.Si les oiseaux, les reptiles, les mammifères ont presque tous l’habitude de nourrir, de protéger, d’instruire leurs rejetons durant leur prime jeunesse, les insectes ont, dans leur immense majorité, abandonné ces vieilles traditions et adopté un mode de vie résolument plus moderne. Quand les oiseaux dépensent chaque année des joules d’énergie à trouver l’endroit favorable et à construire un nouveau nid, les insectes, eux, sont capables d’installer des nurseries à peu près n’importe où. Soulevez une pierre, et les voilà; retournez une feuille, fendez un morceau de bois, ils sont là. Dans l’eau, dans la poussière et même sur des organismes vivants (gare aux poux!): les insectes doivent leur extra-ordinaire diversité à leur capacité d’abandonner leur descendance sur tous les terrains. Une réussite unique dans la nature et rendue possible grâce à leurs formidables œufs.


Il y a 300 millions d’années, les œufs des premiers insectes étaient sans doute simplement ronds et lisses. Aujourd’hui, ils sont aussi variés que les endroits où règnent les insectes. Certains ressemblent à des grains de terre, d’autres à des plantes. Au-delà de la biologie, leurs formes incroyablement originales, leurs ornements totalement inhabituels semblent l’œuvre d’un artiste contemporain. Leur fonction, en revanche, reste la même depuis la nuit des temps: assurer une protection au développement de l’embryon. Champions de l’évolution rapide, les insectes ont incroyablement perfectionné leurs œufs. Ainsi, certains sont étanches mais capables de respirer grâce à un tube déroulé jusqu’à la surface de l’eau. D’autres régulent l’humidité et la température grâce à un complexe réseau de pores communicants… Légers comme l’air, vivant au gré du vent ou solidement accrochés sur le dos d’une mouche, à la dérive dans le courant d’une rivière ou simplement suspendus au revers d’une feuille de chou, les œufs des insectes sont souvent invisibles à l’œil mais absolument omniprésents.


Source: L'illustré online


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