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Quand l'amitié virile sert à conquérir les femelles

01-01-2011

Chez l'animal, les mâles entretiennent des liens d'« amitié » à deux ou trois. Des études sur une espèce de macaque et de dauphin montrent qu'ils s'en servent surtout pour s'assurer une descendance.


Les éthologues admettent généralement que, chez les animaux polygames, la formation de liens entre mâles non apparentés est peu probable puisqu'ils se concurrencent pour accéder aux femelles. Au contraire, les femelles créeraient plus facilement des liens mutuels, parce qu'elles sont en compétition pour des ressouces moins limitées, telles que la nourriture, et qu'elles ont intérêt à collaborer pour élever les jeunes ou les protéger des prédateurs. Or deux études menées sur le macaque d'Assam (Macaca assamensis), un singe d'Asie du Sud-Est, et sur le grand dauphin (Tursiops sp.), montrent que les mâles non apparentés forment des alliances durables et que celles-ci ont une fonction essentielle : améliorer les chances de se reproduire.


Oliver Schülke et Julian Ostner, de l'Université de Göttingen, en collaboration avec une équipe de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutionniste de Leipzig, ont suivi de 2005 à 2007, durant trois périodes, une colonie d'une cinquantaine de macaques d'Assam, dont une dizaine de mâles, dans la réserve de Phuo Khieo, en Thaïlande. Chez cette espèce, les mâles s'associent périodiquement pour agresser des individus isolés. Les scientifiques allemands ont observé que certains macaques forment, avec un ou deux autres mâles de la colonie, des alliances qui les aident à affronter ces agresseurs. De plus, plus les liens sont forts, ce que l'on mesure par la fréquence des rapprochements et du toilettage mutuel, plus le statut social de chaque mâle d'un duo ou d'un trio est protégé, et plus grandes sont ses chances d'accéder à un rang de dominance dans le groupe.


Ainsi, l'un des macaques qui avait noué des relations avec deux mâles du groupe au début de l'étude se trouvait deux ans plus tard à la tête de la colonie, en compagnie de son meilleur « ami ». En revanche, l'un des mâles de grande taille qui était numéro trois de la colonie n'occupait plus que le rang numéro huit, faute d'avoir créé des liens avec d'autres mâles. Or la place dans la hiérarchie du groupe est l'une des clés qui donnent accès aux femelles et permettent aux mâles d'avoir une descendance, comme l'a confirmé une analyse génétique de paternité reposant sur les prélèvements d'ADN dans les excréments. Chez ces primates, l'amitié virile a donc une « fonction politique », qui permet aux mâles d'améliorer leur propre statut social relativement à celui des autres et ainsi de garantir leur succès reproducteur.


Pour lire l'article complet, consultez science.fr


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