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Au pays des ours et des aurores boréales

22-11-2010

paysage churchill

C’est une petite bourgade d’un peu moins de 1000 âmes, mais l’automne venue, la folie s’empare de la ville. En octobre et novembre, des milliers de touristes provenant de partout à travers le monde se ruent au nord du Manitoba afin de ne pas rater un événement spectaculaire: la visite des ours polaires sur la côte. Nous sommes à Churchill, aux abords de la Baie d’Hudson, pays des aurores boréales et capitale mondiale des ours polaires! 


Churchill n’étant pas accessible par la route, seuls l’avion et le train peuvent vous mener à bon port. L’industrie du tourisme reliée aux ours polaires à le vent en poupe ces temps-ci. La précarité de la population d’ours n’est sûrement pas étrangère à cet intérêt grandissant. La survie de ces animaux emblématiques du grand nord canadien est aujourd’hui grandement menacée et plusieurs s’inquiètent pour leur avenir.


Karyne Jolicoeur-Funk est guide interprète pour le Parc National Wapusk situé à 40 kilomètres de la ville. Pour elle, Churchill est un paradis pour les amoureux du grand air. « Churchill n’est pas aussi isolé que les gens le croient. On a tout ce dont on a besoin, il y a seulement une épicerie, mais on y trouve de tout. Il y a quelques activités culturelles, la vie n’est pas difficile. La nature a tellement à offrir, elle est toujours en train de changer, les couleurs changent, il y a la saison des baleines, des ours polaires et les fameuses aurores boréales.


La région du Parc National Wapusk se trouve au sud-ouest de la répartition de la population canadienne d’ours blanc. À l’automne, ces ours se réunissent le long de la Baie d’Hudson et attendent patiemment le retour de la glace qui leur permettra de chasser à nouveau le phoque. C’est ce regroupement d’ours en un seul endroit qui attire tant les touristes. Grâce à des véhicules surélevés, comme le Tundra Buggy, les visiteurs partent à la rencontre de ces ours, peu impressionnés par ce brouhaha soudain. 


Parcs Canada se souci de l’effet de cette affluence de touristes sur les ours polaires, mais en même temps, cherche a offrir une chance unique aux visiteurs d’observer ces créatures magnifiques. En ce moment, trois compagnies détiennent des permis de visite pour le parc : Frontier North, propriétaires du Tundra Buggy, Wat’chee Lodge et Hudson Bay Helicopters. Des règles très strictes leurs sont imposées. Il faut suivre les routes indiquées et se limiter à certaines périodes de visite, ou dans le cas des hélicoptères, maintenir une distance afin de ne pas harceler les animaux. « Il y a eu des études à savoir si cette activité touristique intense affectait les ours, indique Karyne Jolicoeur-Funk. Les impacts sont difficiles à analyser car les touristes sont dans cet immense véhicule, ils ne sont pas au même niveau que les ours. On ne sait pas si les ours associent ce véhicule aux humains. Ce qui est le plus important, c’est de ne pas perturber les animaux, leur jeter de la nourriture, les siffler, ce ne sont pas des animaux domestiques. Il faut respecter l’animal, c’est nous qui sommes dans son environnement. » 


Est-ce que les inquiétudes sont fondées ? Karyne Jolicoeur-Funk le croit, même s’il est très difficile de tirer des conclusions claires. « On se demande toujours si les ours deviennent moins timides avec l’augmentation de l’activité humaine autour d’eux et comment cela pourrait avoir un impact, précise-t-elle. C’est sur que les gens préfèrent les photos dans lesquelles ils sont proches de l’ours. Mais il faut réfléchir à l’impact que nous avons sur eux. » 


Malgré les inquiétudes et les questionnements, voir les ours polaires à Churchill reste une expérience mémorable pour tous ceux qui ont la chance de la vivre. Tout est une question d’équilibre, croit Karyne Jolicoeur-Funk : « Churchill, c’est une richesse, une occasion incroyable d’être en contact avec la nature sauvage. Nulle part ailleurs on peut voir un ours polaire d’aussi prêt. Les humains veulent retrouver cette nature sauvage, faire la balance entre leur vie urbaine et cette communion avec la nature. Il faut seulement s’assurer de pouvoir en profiter encore très longtemps. »


Pour plus d’informations sur les forfaits de voyage vers Churchill, visitez Frontier North Adventures 


Pour le Parc national Wapusk


Nick Lunn est un biologiste qui étudie la population d’ours polaires de la Baie d’Hudson depuis plusieurs années, apprenez-en plus sur son expérience en visitant notre Encyclopédie découverte


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