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Une migration record de 10 000 km pour un rorqual à bosse

12-11-2010

Cette femelle a été photo-identifiée au large des côtes du Brésil et deux ans plus tard à Madagascar. Elle a donc effectué la plus grande migration jamais documentée pour un mammifère. On doit cette découverte, publiée dans Biology letters, au travail des chercheurs, à la passion des observateurs dans le monde, au partage des informations et à la chance!


Le 7 août 1999, une femelle rorqual à bosse a été observée, photographiée et identifiée au large de Récife au Brésil. Elle figure dans le catalogue des rorquals à bosse de l'océan Antarctique (Antarctic Humpback Whale Catalogue) sous le numéro 1363. Ce catalogue, auquel 260 collaborateurs contribuent, contient 3 665 individus. Deux ans plus tard, le 21 septembre 2001, elle a été photo-identifiée au large de la côte est de Madagascar, à l'est de l'Afrique, révélant qu'elle avait effectué une migration de près de 10 000 km, soit 4 000 km de plus que la longueur habituelle pour cette espèce.


Une étonnante migration ouest-est, surtout pour une femelle


Le rapport scientifique vient d'être publié dans Biology Letters. Selon le biologiste marin Peter Stevick, un des auteurs du rapport, les spécialistes n'ont que des hypothèses pour expliquer une telle migration. Il s'agit peut-être d'une exploration extrême, ou bien cet animal s'est complètement perdu. Il est improbable que cette femelle ait suivi un partenaire pour se reproduire, étant donné que les baleines se rencontrent sur leur site de reproduction.


Au large du Brésil, les eaux chaudes de l'Atlantique constituent le site de reproduction fréquentée par les rorquals à bosse de l'hémisphère Sud. Les rorquals le quittent pour les eaux froides de l'Antarctique où ils se nourrissent essentiellement de krill. Ces cétacés à fanons migrent donc sur un axe nord-sud. Si ces régions fréquentées de manière saisonnière peuvent quelque peu varier, leurs navettes transocéaniques ne se modifient pas vraiment. Fait inhabituel pour le rorqual 1363: sa route migratoire s'est étirée sur près de 90 degrés de longitude, d'ouest en est, soit un quart de tour du monde. De plus, les femelles font preuve de philopatrie, c'est-à-dire qu'elles sont fidèles à leur lieu de naissance et de reproduction, et y retournent année après année. Les mâles, à la recherche d'une partenaire, font parfois preuve de plus d'exploration. Un seul cas de rorqual à bosse ayant effectué un trajet entre l'océan Indien et l'océan Atlantique Sud a été au préalable documenté, et il s'agissait d'un mâle.


Pour l'article complet, lisez Baleines en direct


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