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La Méditerranée, mer la plus menacée au monde

04-08-2010

La faune et flore de Méditerranée, parmi les plus riches au monde, sont aussi les plus menacées, indique une étude publiée lundi, qui pointe du doigt la dégradation des habitats, la surpêche, et l'augmentation des espèces invasives favorisée par le réchauffement climatique.
Cette mer est l'une des plus étudiées au monde. Et pourtant, alors que «les évaluations précédentes faisaient état de 8 000 à 12 000 espèces», ce Recensement de la vie marine, qui rassemble des études de centaines de scientifiques, en répertorie désormais 17 000.
Et bien d'autres restent à découvrir, indique le rapport, publiée dans la revue scientifique en ligne, Plos One.
Une riche biodiversité exposée à de nombreuses menaces, plus fortes en Méditerranée qu'ailleurs.
«Les impacts des activités humaines sont proportionnellement plus importants dans la Méditerranée que dans les autres mers du monde», écrit ce rapport. L'explication? Son histoire --une région habitée depuis des millénaires--, et sa géographie --une mer quasiment fermée.
Les mammifères marins, comme les cachalots et les dauphins, ont déjà payé un lourd tribut. Et certaines espèces emblématiques, comme le phoque moine de Méditerranée, ont quasiment disparu.
Parmi la liste de menaces, «la dégradation et la perte de l'habitat est la plus répandue aujourd'hui», écrivent les experts, citant comme causes «le développement des côtes» du bassin méditerranéen ou encore la pollution.
La surpêche est la seconde menace pour la biodiversité, et devrait croître encore dans les 10 prochaines années, indique le rapport.
Mais la particularité de la Méditerranée est la présence particulièrement importante d'espèces invasives, «un facteur crucial qui va continuer à modifier la biodiversité».
Venues d'autres mers, elles sont estimées à plus de 600, soit 4% du total des espèces recensée.
Ces espèces exogènes, «dont le nombre a augmenté ces dernières décennies»,  ont été principalement transportées en Méditerranée par bateaux -- via l'eau utilisée comme ballast-- par le Canal de Suez, mais aussi le détroit de Gibraltar.
Et le rapport de rappeler que «la dispersion de la Mnemiopsis Leidyi (méduse américaine) depuis Israël jusqu'à l'Espagne en 2009 a provoqué de grandes inquiétudes en raison de son impact connu sur les écosystèmes et zones de pêche».
Des espèces, comme l'huître ou la palourde japonaises, ont aussi été volontairement introduites avec le développement de l'aquaculture. «Les fermes à huîtres sont devenues de véritables portes d'entrées dans les eaux côtières» pour toute une série d'algues, soulignent les experts.
Et le réchauffement climatique va encore accentuer le phénomène.
Un mer plus chaude va attirer de nouvelles espèces tropicales, et leurs populations déjà présentes en Méditerranée vont migrer vers de nouvelles zones, qui pour l'heure ne leur sont pas favorables, écrit le rapport, qui décrit un phénomène de «tropicalisation».
Sans aucun doute «une menace» pour la biodiversité, mais aussi une nouvelle richesse dans certaines zones, écrivent les experts.
Mais «de manière générale, l'établissement d'espèces exogènes d'origine tropicale pourrait entraîner la perte du caractère particulier des communautés méditerranéennes».
Et les chercheurs de conclure qu'il «est nécessaire de développer une vaste analyse des initiatives à prendre en matière de conservation pour préserver la biodiversité méditerranéenne», ajoutant que cette mer peut devenir, à ce sujet, «un modèle pour les océans du monde».


Source: Cyberpresse, août 2010


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