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Sylvie Ippersiel-Mantha
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Sylvie Ippersiel-Mantha

 

Celle qui monte aux barricades

Pour Sylvie Ippersiel-Mantha, la protection des forêts du lac Opasatica est un travail qui demande une vigilance constante. Membre active de « Sentinelle Opasatica », avec José Médiavilla et Louis Paré, elle n’hésite pas à sonner l’alarme et à monter aux barricades quand sa forêt est menacée. Son groupe a conclu une entente avec la papetière Tembec afin de réduire les impacts environnementaux lors des coupes forestières prévues dans le secteur de Montbeillard, en Abitibi-Témiscamingue, et protéger que les zones résidentielles et fauniques. Ainsi, Tembec a accepté d’effectuer des coupes en mosaïques et de sortir le bois l’hiver par la route 101 plutôt que par un chemin de chalet.

« Ils ont vraiment tout fait pour répondre à nos exigences, souligne Sylvie Ippersiel-Mantha, avant d’ajouter aussitôt : c’est possible de s’entendre. Mais il faut toujours surveiller. Faute d’argent, le gouvernement n’a plus les ressources nécessaires pour mener les enquêtes, assurer la surveillance et faire respecter les normes. Il réagit aux plaintes. C’est aux citoyens d’être vigilants et de faire des signalements sur des situations qui semblent anormales. Il faut s’informer de ce qui se passe sur notre territoire. »

Une histoire de famille

Pour les Ippersiel-Mantha, la protection de la faune est une affaire de famille. Le conjoint de Sylvie, Daniel Mantha, se préoccupe de la protection de l’aire de confinement du Cerf de Virginie entre les lacs Évain et Opasatica, des endroits où les cerfs se protègent des vents du nord et de la neige abondante. En aménageant des sentiers de ski de fond derrière sa résidence, il a noté que les cerfs amaigris manquaient de nourriture pendant la saison hivernale. Depuis quelques années, avec le ministère de la Faune, M. Mantha a entrepris des aménagements fauniques, notamment la coupe d’érables à épis et de bouleaux devenus trop hauts pour que les cerfs puissent les atteindre. Cette méthode favorise les repousses dont les cerfs se nourrissent à l’année. Chaque année, de nouveaux secteurs d’aménagement sont privilégiés. Les coupes sont effectuées durant l’hiver et au printemps la compagnie procède au débroussaillage. À l’époque, le troupeau était formé d’une vingtaine de bêtes, mais les coupes à blanc les ont repoussées. C’est à ce moment Sylvie Ippersiel-Mantha a créé « Sentinelle Opasatica ». Daniel Mantha note que depuis 2 ans, le troupeau semble augmenter, bien qu’il soit difficile d’en faire un inventaire précis.

Pression et vigilance

Bien que le champ d’action de « Sentinelle Opasatica » ne soit pas vraiment la protection du lac, mais plutôt celle de la forêt de proximité, le groupe a fait des pressions auprès de la ville pour exiger que le relevé sanitaire de toutes les installations septiques de chalets soit complété avant de procéder à quelque développement que ce soit autour du lac Opasatica.

« On voyait qu’au bord du lac, les résidus sortaient, rapporte Sylvie Ippersiel-Mantha. La ville a répertorié les cas urgents ainsi que les chalets saisonniers transformés en maisons permanentes qui ne possédaient pas d’installations septiques adéquates à leur nouvelle réalité. J’ai fait de la sensibilisation dans 70 résidences. C’est avec la sensibilisation que les gens prennent conscience que si on veut garder notre lac, il faut que chacun fasse sa part. »

« Les sentiers pédestres, au bas de la montagne, sont sur la rue des Amis. Il y a 20-25 ans, mon père a déboisé ce secteur, se souvient Sylvie Ippersiel-Mantha. Il avait laissé tous les gros arbres, mais il avait élagué ceux de moins d’un pouce pour des raisons esthétiques. Au printemps suivant, la montagne a déboulé sous les grosses pluies. Il a fallu 8 heures de pelle mécanique pour ouvrir un chemin aux résidents. Un copain avait tourné une vidéo montrant les dégâts causés. Quand, des années plus tard, Tembec s’est préparé à couper au même endroit, on s’est présenté au ministère avec la vidéo pour démontrer l’instabilité de la montagne. Le ministère a alors donné le statut de forêt ancienne à la forêt de Beaupré qui est maintenant protégée. »

Préserver la biodiversité

La Réserve de biodiversité projetée du lac Opasatica est située à environ 25 kilomètres au sud-ouest de Rouyn-Noranda. L’objectif premier de cette aire protégée est la conservation de la biodiversité et la mise en valeur du potentiel écotouristique, culturel et récréatif. Ce territoire est dorénavant soustrait à toute forme d’exploitation forestière, d’exploration et d’exploitation minière et de production énergétique. Les droits de pêche, de chasse, de piégeage et de villégiature sont maintenus.

« On voulait qu’ils englobent les arbres protégés, parce qu’il y en a quand même beaucoup, explique Sylvie Ippersiel-Mantha. Il y a la forêt ancienne à Beaupré, un écosystème de forêt exceptionnel, des habitats pour les pygargues à tête blanche et des aires de confinement du cerf. On voulait que le gouvernement englobe le tout. La décision sera rendue en 2014. Quand ils ont sorti le projet de réserve, le territoire protégé était situé de l’autre côté du lac jusqu’en Ontario. Mais ça donne quoi de protéger ça ? Ç’a déjà été coupé. On a donc fait des représentations pour ajouter la forêt et aussi le lac. » 

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La Réserve de biodiversité du lac Opasatica
La Réserve de biodiversité projetée du lac Opasatica est située dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue au Québec.
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