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Réjean Dumas
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Réjean Dumas

 

Le protecteur des habitats naturels

Réjean Dumas est un biologiste qui, depuis plus de 30 ans, a cumulé les expériences en gestion de la faune et des milieux naturels du nord au sud du Québec. Après avoir travaillé au Nunavik, il œuvre dans la vallée du Saint-Laurent, en milieu agricole, puis en milieu périurbain où la perte des habitats est préoccupante. D’abord intéressé par la gestion des populations animales et l’exploitation des ressources, il se tourne vers la protection et la restauration des habitats de la région de Lanaudière, des basses-terres du Saint-Laurent au nord du Saint-Laurent, en aval de Montréal. Il joue un rôle actif dans la protection et l’aménagement de l’archipel du lac Saint-Pierre et du ruisseau de Feu, situé dans la plaine inondable de la rivière des Prairies. « Le développement dans la couronne nord de Montréal pour construire des centres d’achats et des quartiers résidentiels cause des pertes irréversibles aux milieux naturels et aux anciens milieux agricoles. Quand tu prends une forêt et que tu construis un centre d’achats dessus, c’est là pour longtemps. Ça va être la prochaine glaciation qui va remettre ça au naturel. »

Devant ce constat, Réjean Dumas a fait de la protection des habitats son principal centre d’intérêt.

Tout commence dès l’enfance 

Réjean Dumas s’est toujours intéressé à la nature. Les étés de sa jeunesse se sont déroulés à l’île d’Orléans d’où vient sa famille. « Je me promenais dans les petites mares avec mon épuisette, ma passoire au bout d’un manche, j’allais ramasser des poissons. L’eau rentrait dans mes bottes avec la marée. C’est par ce contact direct avec la nature que tout a commencé. »

À l’âge de 20 ans, il part dans le nord pour y travailler comme biologiste. Pendant dix ans, il vit dans des milieux très peu altérés à côtoyer les Inuits, ce qui va en quelque sorte confirmer sa vocation pour la nature. Plus récemment, Réjean Dumas a créé un fonds en hommage à sa mère, grande protectrice de l’environnement. Voué à l’éducation, à la protection des milieux naturels et à la réalisation de projets dans des milieux naturels, ce fonds est devenu un programme géré par la Fondation de la faune.

Pour Réjean Dumas, la capacité à apprécier la nature commence dès l’enfance. « La base, c’est que les enfants puissent jouer dehors. Chez la plupart des gens, le goût de la nature se développe jeune, de toutes sortes de manières, dont en allant dans le bois. Pas nécessaire de parcourir la forêt boréale, ça peut être simplement d’explorer un petit boisé en arrière de chez soi et d’observer les couleuvres, les salamandres et les grenouilles. Mais encore faut-il qu’il y en ait ! »

La valeur méconnue des milieux naturels

Le ruisseau de Feu est un ancien marécage qui a été drainé pour l’agriculture il y a plus d’un siècle. Situé à proximité des autoroutes 40 et 640, il est à la confluence de la rivière des Prairies, de la rivière des Mille-Îles et de la rivière de l’Assomption qui se jettent directement dans le fleuve Saint-Laurent. C’est un des pôles de développement de la grande région métropolitaine.

« Nous avons restauré ces habitats fauniques pour éviter que le développement urbain prenne toute la place. La faune en bénéficie et aussi un grand nombre de gens qui habitent à proximité. Dans la région de Lanaudière, nous avons identifié où sont les pressions de développement, où sont les milieux les plus riches, où sont les opportunités de restauration. Nous avons cartographié 30 écosystèmes et établi des priorités. Le plus petit de ces écosystèmes, c’est l’île Lebel à Repentigny. Le plus gros c’est l’archipel du lac Saint-Pierre. »

L’établissement d’un écosystème prioritaire n’empêche pas le développement, mais il attire l’attention sur ce milieu-là et permet aux intervenants concernés de prendre des décisions plus éclairées. En projetant le taux actuel de perte d’habitats dans la région de Lanaudière, on estime que dans 100 ans, il ne resterait que 3,5 % de milieux naturels dans la région. « On n’a pas encore conscience de la valeur des milieux naturels qu’on détruit. Il faut que les gens s’investissent localement pour les protéger. C’est clair qu’on ne peut pas continuer à développer comme on le fait actuellement. »

Hommage à un homme d’exception 

Réjean Dumas tient à rendre hommage à un grand défenseur de l’environnement et pilier de la conservation, le biologiste Martin Léveillé. Malheureusement décédé trop tôt des suites d’un cancer en 2011, Martin Léveillé n’a pas pu poursuivre son œuvre de protection, mais il a su devenir une source d’inspiration pour tous ceux et celles qui vont désormais suivre ses traces. On lui doit notamment la création du premier refuge faunique québécois, celui de la Grande île au lac Saint-Pierre et de nombreuses réalisations dans le domaine de la conservation, notamment au sein du refuge faunique Marguerite-D’Youville, du parc de la Rivière-des-Mille-Îles, du mont Saint-Hilaire et le Boisé du Tremblay. Ses collègues en garderont le souvenir d’un homme de passion et de conviction, grand protecteur des animaux fragilisés par l’empiétement humain. 

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