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Louise Gratton
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Louise Gratton

 

La force de la nature

Il est de ces accomplissements titanesques qui se doivent d’être partagés. Celui de la biologiste Louise Gratton en fait partie. Cette femme de cœur est au centre de la création de l’organisme Corridor appalachien, une initiative de conservation qui s’étend sur des centaines de kilomètres, des Cantons-de-l’Est jusqu’au Vermont. Inspiré de grands projets fauniques comme Yukon to Yellowstone Conservation Initiative, qui agissent à l’échelle du paysage, ce projet avant-gardiste au Québec fait son bout de chemin, accumulant les réussites.

Une biologiste avide de découvertes

Grande lectrice de tout ce qui touche aux nouvelles théories et découvertes scientifiques dans le domaine de la conservation, Louise Gratton se demandait depuis longtemps comment appliquer ces méthodes novatrices sur le terrain pour faire avancer la cause environnementale. C’est un déménagement de la banlieue de Montréal vers la région des Cantons-de-l’Est, tout près des monts Sutton, qui lui fait prendre conscience des richesses de son environnement et des possibilités infinies qu’offre ce territoire encore vierge de l’intervention humaine. « J’ai découvert à travers mes lectures que le massif des monts Sutton était un des rares territoires forestiers non fragmentés de plus de cent kilomètres carrés qui restait dans le sud du Québec. C’était, selon les chercheurs, la superficie minimum pour préserver les populations viables pour la majorité des espèces représentatives des Appalaches » raconte-t-elle.

Un magnifique laboratoire

Louise Gratton se rend compte qu’il s’agit d’un magnifique laboratoire pour mettre sur pied un projet de conservation ambitieux. Elle convie plusieurs petits groupes de conservation indépendants de la région à un brunch et leur soumet son idée folle. « Je leur ai dit : Vous ne pouvez plus travailler à gauche et à droite, il faut avoir une vision globale pour le territoire si on veut vraiment protéger les espèces qui s’y trouvent. Ils ont eu un peu peur de mon emballement, continue-t-elle, mais je leur ai dit que je n’avais besoin que de leur soutien, que je m’occupais du reste! » Avec l’aide de deux autres personnes aussi passionnées qu’elle, Francine Hone et Terri Monahan, le projet Corridor appalachien est lancé en 2000 sous la gouverne de la Fiducie foncière de la Vallée Ruiter, et devient un organisme à part entière en 2002.

Relier les habitats

Un territoire de 100 km2 est le minimum requis pour protéger des populations de petits mammifères et des oiseaux; il est nettement insuffisant pour les espèces à grand domaine vital comme le lynx roux, le pékan, l’ours noir et le couguar. Reconnecter les habitats principaux est le seul espoir de les préserver sur le territoire et l’objectif de l’organisme de relier les monts Sutton et le mont Orford devient une évidence puisque le parc national du Mont-Orford bénéficiera également de cette connectivité. L’analyse faite sur l’ensemble du territoire où œuvre Corridor appalachien révèle qu’une partie du terrain privé de Louise Gratton se trouve au cœur de l’un des corridors fauniques reliant des grands fragments forestiers; elle le cède pour la conservation. « Il faut prêcher par l’exemple », rappelle-t-elle. Au cours des années qui vont suivre, d’autres terrains seront acquis et d’autres corridors seront protégés.

Suivre les traces des animaux

Pour déterminer quels animaux fréquentent véritablement le corridor appalachien, la Fiducie foncière de la vallée Ruiter recrute des gens intéressés à suivre la formation Keeping track de la biologiste et photographe américaine Sue Morse. Ils apprennent à suivre les traces des animaux, et ils le feront quatre fois par année pendant dix ans. Ils découvrent ainsi que le pékan est très présent, mais une surprise les attend. « Pendant ces dix années, on espérait découvrir des traces de lynx roux, une espèce qui a frôlé l’extinction au Québec dans les années 1990. Il y avait une belle série de falaises exposées au sud, un habitat parfait pour le lynx. Toutefois, on ne voyait toujours pas de traces. Puis, il y a trois ans près de nos lignes d’inventaire, le castor a repris ses activités sur un étang qu’il avait abandonné depuis des années. Il a refait ses huttes et ses caches de nourriture, et le même hiver, le lynx roux est réapparu! », souligne Louise Gratton avec enthousiasme.

Une belle lancée

Maintenant, ce sont bien souvent les gens qui appellent l’organisme Corridor appalachien pour savoir comment protéger leurs terrains et quels sont les outils de conservation dont ils peuvent se prévaloir. La sensibilisation a porté ses fruits et la population reconnaît maintenant l’importance de la protection des dernières forêts intactes du sud du Québec. Une grande victoire pour cette femme d’ambition. Mais la plus grande victoire est de constater que de vastes portions de ce territoire sont maintenant protégées à perpétuité. Quels conseils donnerait-elle aux gens qui souhaitent entreprendre des actions pour la protection d’habitats fauniques? « Il faut être passionné et persévérant, il n’y a rien qui peut venir à bout de ça! Il faut surtout partager ses idées, se constituer une équipe. Seul, c’est trop facile de se décourager. Une amie me faisait remarquer dernièrement que la planète, la nature, les écosystèmes, tout cela fonctionne en réseau. Ce n’est pas une hiérarchie, c’est un travail d’équipe. Voilà la façon naturelle de fonctionner! »

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Commentaires

... travail équipe ...

Par Louise Gratton, 2015-02-08, 17h31

message personnel à Mme Gratton bravo pour le travail fait et en cours ... offre de service au titre de bénévole dépendant de vos besoins et de mes capacités au plaisir

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