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L’archipel du lac Saint-Pierre
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L’archipel du lac Saint-Pierre

 

Un archipel unique au milieu du fleuve Saint-Laurent 

L’archipel du lac Saint-Pierre est situé dans les basses-terres du Saint-Laurent, au Québec, à la jonction de quatre régions administratives soit la Montérégie, Lanaudière, le Centre-du-Québec et la Mauricie. Le lac Saint-Pierre et son archipel  constituent un environnement exceptionnel dans l’écosystème du Saint-Laurent. Voie navigable d’importance pour le commerce international, ce milieu est grandement menacé par la circulation fluviale quotidienne et l’intensification de l’agriculture dominée par les monocultures de maïs et de soya et l’utilisation massive de pesticides.

Le fleuve Saint-Laurent est la porte d’entrée pour atteindre rapidement le Midwest américain à travers le réseau des Grands Lacs. On estime que la navigation internationale pourrait tripler au cours des 20 prochaines années. Pour permettre l’accès à la voie maritime, le chenal de navigation doit être entretenu régulièrement à une profondeur de 11,3 m. Cet entretien a pour conséquence de diriger l’écoulement de l’eau dans ce canal de navigation, causant des variations importantes sur les berges des îles et des rives du lac Saint-Pierre. Cette problématique affecte le cycle de vie de la faune et de la flore puisque l’amplitude et la durée des crues dans la plaine inondable sont perturbées.

Se mobiliser pour protéger 

Pourtant, des citoyens inquiets, des organismes environnementaux comme le Comité ZIP du lac Saint-Pierre et Canards Illimités, ainsi que le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) se mobilisent pour protéger ce joyau du Saint-Laurent. Le lac Saint-Pierre a d’ailleurs été reconnu par l’UNESCO comme Réserve mondiale de la biosphère. Plusieurs actions de restauration des habitats ont été menées à travers les années pour donner un second souffle à ce milieu de vie critique pour nombre de poissons, d’oiseaux et de mammifères. Au nombre des projets, notons la restauration des rives de l’île aux Corbeaux, la protection de la baie de l'île de Grâce, l’aménagement des haltes migratoires de Saint-Barthélemy, de la commune et de Baie-du-Febvre et la restauration du marais Saint-Eugène. Au cours des cinquante dernières années, 70 % des marais ont disparu le long du Saint-Laurent. 20 % des marais restants se retrouvent au lac Saint-Pierre.

Une faune et une flore diversifiées

L’environnement du lac Saint-Pierre s’adapte aux mouvements saisonniers des eaux. On y retrouve la plus importante plaine d’inondation en eau douce au Québec. La crue printanière submerge plus de 7 000 hectares de prairies naturelles, d’arbustes, de forêts riveraines et 5 000 hectares de terres cultivées qui sont utilisées au printemps par plus d’un million d’oiseaux en période de migration. Un milieu de vie riche qui constitue la plus importante halte migratoire de la sauvagine dans tout l’est du Canada. Les herbiers aquatiques servent entre autres de support aux invertébrés, à l’alimentation et à la reproduction des 78 espèces de poissons que l’on retrouve dans les eaux du lac Saint-Pierre et dont la moitié dépendent des plaines inondables. L’érablière argentée, très rare au Québec, forme l’essence dominante dans la région. On y découvre également la plus importante héronnière au Québec.

Une agriculture adaptée au milieu faunique

L’environnement du lac Saint-Pierre est façonné par l’agriculture qui s’y développe. Une approche de travail a d’ailleurs été développée par le comité ZIP du lac Saint-Pierre, la MRC d’Autray, l’UPA, le ministère de l’Agriculture et le MDDEFP afin de trouver des terrains d’entente permettant d’améliorer la cohabitation entre l’agriculture et la faune. Une première expérience concluante a été menée auprès d’un agriculteur désireux d’en faire davantage pour la qualité des habitats sur son terrain.

Réjean Dumas, biologiste au MDDEFP, a rencontré ce propriétaire à plusieurs reprises afin de déterminer des actions précises pour améliorer l’habitat près des cours d’eau. L’objectif de départ était de rétablir des habitats pour la perchaude qui connaissait une baisse d’effectifs dramatique. Il fallait renaturaliser des portions de littoral cultivées, y planter des arbustes, adoucir les pentes des cours d’eau pour qu’elles soient plus stables et ainsi augmenter les superficies inondées, et mettre en place des ouvrages agroenvironnementaux. Le plan tiré de cette expérience est devenu un modèle pour intégrer des aménagements fauniques lors des projets d’entretien de cours d’eau. Avec l’accord de plusieurs agriculteurs sensibilisés à la cause environnementale, le modèle a été appliqué à plusieurs autres cours d’eau agricoles du lac Saint-Pierre. 

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Pierre Latraverse
Pierre Latraverse a pris part à tous les projets de protection et d’aménagement de l’archipel du lac Saint-Pierre
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