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L’habitat de la tortue-molle à épines
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L’habitat de la tortue-molle à épines

 

Le lac Champlain: habitat de la tortue-molle à épines

Située au nord du lac Champlain au Québec, la baie Missisquoi accueille un fort étrange animal : la tortue-molle à épines. Comme son nom l’indique, la carapace de cette tortue est dépourvue d’écailles et a toute l’apparence du cuir. Son drôle de nez en trompette complète sa physionomie étonnante. Autre fait inusité : cette tortue vulnérable ne fréquente que les eaux du lac Champlain au Québec, malgré une vaste aire de répartition en Amérique du Nord. L’unique population québécoise fréquente les eaux du lac Champlain et de la Rivière-aux-Brochets, On dénombre également des mentions dans les rivières Richelieu et l’Acadie.  L’espèce a été désignée menacée à l’échelle de la province, en raison de la petite taille de sa population et de son isolement dans son aire de répartition. Il est donc impératif de protéger son habitat des modifications environnementales et de l’empiètement humain. Il y a deux sites de ponte reconnus au Québec, le plus important étant celui du lac Champlain et le second, protégé par Conservation de la nature Canada, est situé dans le secteur de la Rivière-aux-Brochets. Le site du lac Champlain chevauche la frontière entre le Québec et le Vermont. Puisque la population du lac Champlain ne reconnait pas les frontières terrestres, il était important de développer une stratégie de conservation impliquant également nos voisins du sud.

Mieux connaitre les habitats pour mieux les protéger

Des études terrains menées en 1997 ont permis de déterminer les habitats privilégiés des tortues-molles à épines. Dans l'état actuel des connaissances scientifiques, on considère que l'espèce est présente à trois endroits au lac Champlain, soit à la baie Missisquoi, à la Baie Saint-Albans et à l'embouchure de la rivière Lamoille. Le principal site de ponte du côté québécois se situe à la Baie Chapman. Ces études révèlent également que le risque d’extinction est principalement attribuable à la prédation, à la transformation des berges, à la pollution et aux activités récréatives. La tortue-molle à épines est en compétition directe avec les riverains pour l’utilisation du territoire. Les biologistes ont découvert que les femelles se déplacent sur de longs trajets.Donc, tout changement dans l’habitat, comme la construction de barrages ou l’ajout d’installations récréatives, peut être catastrophiques pour la survie de l’espèce. On s’inquiète particulièrement de l’incidence des activités nautiques lors des déplacements. La sensibilisation des usagers nautiques est l’un des principaux chevaux de bataille de Conservation de la nature Canada. Les hélices de bateaux causent des blessures souvent mortelles aux tortues à cause de leur carapace molle. Les mesures de protection prévues par le plan de rétablissement de l’espèce inclus également l’acquisition des terrains propices à la nidification à des fins de conservation volontaire et la limitation des activités pouvant porter préjudice à l’espèce.

Des initiatives de conservation

Conservation de la nature Canada (CNC) est l’un des organismes qui participent à des recherches terrain et à des initiatives de rétablissement de l’espèce, en compagnie de biologistes et de bénévoles du groupe SOS Tortues dont CNC assure la coordination. Plusieurs activités sont au programme au printemps et à l’automne; installation de structures d’exposition au soleil et de bouées pour réduire la vitesse des bateaux au printemps, surveillance des sites de ponte, cueillette des coquilles d’œufs et nettoyage des sites à l’automne, etc. La surveillance des sites de ponte sert à éviter la prédation des œufs et l’inondation des nids. Afin d’augmenter le taux d’éclosion des œufs de tortue, un programme d’incubation en laboratoire à été mis sur pied par le zoo Ecomuseum et le Zoo de Granby, de concert avec l’Équipe de rétablissement de la tortue-molle à épines. En récoltant les œufs fraichement pondus pour les incuber, le pourcentage d’éclosion passe de 50% à 80%. Depuis 2010, des pontes sont incubées en laboratoire et les jeunes sont remis dans les eaux de la Rivière-aux-Brochets près du site de ponte quelques jours seulement après l’éclosion. Les jeunes tortues s’acclimatent rapidement à leur nouvel environnement et certaines d’entre elles pourront vivre plusieurs décennies. On estime qu’une femelle peut vivre jusqu’à 53 ans en nature. 

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Éric Chalifoux
Éric Chalifoux s’est joint au groupe SOS Tortue qui a pour objectif de protéger la Tortue-molle à épines.
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