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Alan Mc Lean
Alan Mc Lean, biologiste de formation, œuvre dans le domaine du journalisme et de la vulgarisation scientifique. Au Biodôme de Montréal, il sensibilise le public aux grands enjeux environnementaux.

L’ail des bois victime des braconniers et des pillards

10-05-2011, 0 commentaire(s), Par : Alan Mc Lean

Les études sont formelles, la récolte intensive de l’ail des bois représente une sérieuse menace pour la survie de l’espèce. Recherché pour la saveur de son bulbe, l’ail des bois vit en colonie dans les érablières du sud du Québec. Pour survivre, une colonie doit compter plus de 1000 individus. En deçà de ce nombre, les fluctuations naturelles engendrent normalement la disparition de toute la colonie!


Le feuillage de l’ail des bois n’est visible que quatre à cinq semaines par année au printemps. La plante n’a que peu de temps pour emmagasiner de l’énergie. Si les conditions sont mauvaises (trop chaud, trop froid, trop humide ou trop sec), la croissance et la multiplication végétative (par le bulbe) seront restreintes. Cette espèce à croissance lente mettra donc de 7 à 10 ans avant de commencer à se reproduire. Les graines germent très bien, mais trop souvent, la jeune plantule ne s’enracinera pas et meurt. L’ail des bois ne se reproduit pratiquement que par la division naturelle de son bulbe et c’est pourquoi elle est si fragile et doit être protégée.


Entre 1994 et 1997, la conseillère scientifique au Biodôme et spécialiste de l’ail des bois et du ginseng, Andrée Nault, a sillonné la province afin d’évaluer la situation des populations naturelles. Des 150 colonies qu’elle a répertoriées au milieu des années 90, il n’en resterait aujourd’hui que 135. Quinze colonies ont été rapportées disparues. Ce qui rend l’espèce particulièrement vulnérable, c’est que 75 % de tous les plants répertoriés dans cette étude croissent dans seulement treize grosses colonies renfermant plus d’un million d’individus chacune. Bien que la limite légale de récolte soit d’à peine 50 bulbes par personne, par années, certains braconniers sans scrupule n’hésitent pas à vider les colonies. Dans certaines régions, les pillards travaillent de nuit à la lampe frontale afin d’éviter d’être pris la main dans le sac. Malgré tout, chaque année, les agents de la faune procèdent à une centaine d’arrestations. En 2010, plus de 27 000 bulbes ont été saisis en Outaouais par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune. En 2007, un seul individu s’est même fait prendre avec 7829 plants!


Heureusement, les bulbes saisis par les agents de la faune sont directement remis aux participants locaux du programme public de sauvegarde de l’ail des bois, SE’MAIL, développé au Biodôme de Montréal. Rappelons que de 2000 à 2004, près d’un million de graines d’ail des bois ont été distribuées à 1117 propriétaires d’érablières intéressés à s’impliquer dans la sauvegarde de l’espèce. Selon les résultats des participants au projet SE’MAIL, le taux de germination varie de 27 à 48 % selon les années. Quant aux bulbes saisis, s’ils sont replantés rapidement dans un milieu propice, un bulbe sur deux survivra.


Si cette plante vous intéresse, consultez la section SE’MAIL sur le site du Biodôme : http://www2.ville.montreal.qc.ca/biodome/site/gabarit.php?selected=projets-conservation&dossier=recherche&menu=recherche&page=projets-conservation


Par Alan Mc Lean
Biologiste et animateur au Biodôme de Montréal.

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