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Alan Mc Lean
Alan Mc Lean, biologiste de formation, œuvre dans le domaine du journalisme et de la vulgarisation scientifique. Au Biodôme de Montréal, il sensibilise le public aux grands enjeux environnementaux.

Crise du logement pour le ginseng

26-04-2011, 0 commentaire(s), Par : Alan Mc Lean

Recherché depuis l’époque de la colonisation pour ses qualités médicinales et son intérêt commercial, le ginseng a été victime d’une cueillette abusive. Depuis 2001, il est considéré au Québec comme une espèce menacée. Le ginseng à cinq folioles vit en colonie dans le sud de la province. Non seulement les forêts y sont en régression, mais elles sont menacées par l’étalement urbain, l’expansion industrielle et le développement de l’agroforesterie. L’habitat du ginseng se raréfie. Même la tempête de verglas de 1998 a endommagé de nombreuses colonies. Selon les recherches d’Andrée Nault, chercheuse au Biodôme de Montréal, il subsisterait au Québec moins d’une trentaine de populations suffisamment en bon état pour être considérées viables. Pire encore, 50 % des plants répertoriés sont en fait répartis dans seulement quatre grandes colonies et à peine deux d’entre elles sont partiellement protégées!


Le cycle de vie du ginseng est particulièrement long. En général, il faut de 7 à 15 ans pour qu’un nouveau plant devienne reproducteur. Or, les plants produisant le plus de graines sont âgés d’au moins 20 ans! Le plus vieux plant répertorié avait 62 ans. Les graines sont dormantes et nécessitent une séquence chaud-froid-chaud avant de germer. Il faut donc attendre 21 mois avant leur germination. En nature, le taux de germination est faible : une graine sur dix va pousser. Les jeunes semis sont très fragiles et il faut plus de 200 graines pour produire un plant adulte.


Selon les recherches du Biodôme, pour être viable, une colonie doit compter 172 plants dont une centaine assez âgés afin de produire suffisamment de graines. Or, ce sont justement ces gros plants qui sont recherchés par les cueilleurs. D’après Andrée Nault, une récolte de 5 % des plants suffit pour amorcer le déclin d’une colonie. Le ginseng est également victime de l’exploitation forestière, des activités récréatives en forêt, de l’agriculture sous couvert forestier, du broutage par le cerf de Virginie et de la prédation de ses graines par les petits mammifères… Si vous voyez du ginseng en nature, n’en dites rien à personne, car il ne faut que cinq minutes pour récolter un plant qui a peut-être 15 ou 20 ans!


Par Alan Mc Lean, biologiste et animateur au Biodôme de Montréal.

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