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Alan Mc Lean
Alan Mc Lean, biologiste de formation, œuvre dans le domaine du journalisme et de la vulgarisation scientifique. Au Biodôme de Montréal, il sensibilise le public aux grands enjeux environnementaux.

La vasectomie au secours des parcs urbains

12-04-2011, 0 commentaire(s), Par : Alan Mc Lean

Pour construire son barrage, sa hutte et se nourrir pendant un an, un castor abat en moyenne 216 arbres ou arbustes. Sachant qu’un couple a deux à quatre jeunes par portée et que ceux-ci demeurent avec leurs parents pendant 2 ans, une famille coupe plus de 1000 arbres ou arbustes durant une seule année. La chute du prix de sa fourrure, des changements dans la mode et un mouvement anti-piégeage ont favorisé l’augmentation des populations de castors dans tout le sud du Québec. Autour de l’île de Montréal, l’absence de prédateurs stimule cette explosion démographique et transforme encore davantage les aires naturelles. Dans un contexte urbain, ces parcs-nature doivent être protégés et le nombre de castors contrôlé.


« Capturer des castors nuisibles et les libérer ailleurs n’est pas très efficace, rapporte Jacques Dancosse, vétérinaire et conseiller scientifique au Biodôme de Montréal. Les castors trappés sont remplacés la même année par des nouveaux tandis que ceux libérés dans un milieu inconnu n’y demeurent pas longtemps. Le stress et les prédateurs ont souvent raison d’eux ». Pourtant, le castor est utile. Il crée des habitats bénéfiques plus riches en espèces fauniques que la forêt adjacente ou le ruisseau originel. Dans les parcs-nature de Montréal, la diversité des oiseaux dans les milieux humides créés par le castor est plus élevée qu’en forêt mature. Il faut maintenir le castor sur place tout en évitant sa surabondance.


La solution : La vasectomie. Après la stérilisation du mâle, le couple reste ensemble, car les castors sont habituellement monogames et fidèles (mais on rapporte des cas d’infidélité!). La régulation des naissances par vasectomie réduit la consommation des végétaux tout en assurant la défense du territoire contre les intrus. Les castors sont toujours présents, mais en moins grand nombre. Ils transforment le milieu en favorisant la biodiversité, mais sans trop endommager la végétation existante. « Dans certaines zones périurbaines de Montréal, la vasectomie des castors par le personnel du Biodôme a permis de diminuer de 80 % l’effort de capture », rapporte Dr Dancosse. Toutefois, si le mâle décède, la femelle se trouve un autre partenaire, se reproduit et la destruction du couvert forestier reprend. C’est le moment d’une nouvelle intervention chirurgicale…


Par Alan Mc Lean, biologiste et animateur au Biodôme de Montréal

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