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Alan Mc Lean
Alan Mc Lean, biologiste de formation, œuvre dans le domaine du journalisme et de la vulgarisation scientifique. Au Biodôme de Montréal, il sensibilise le public aux grands enjeux environnementaux.

Reproduction de la grande raie

22-03-2011, 0 commentaire(s), Par : Alan Mc Lean

Le Biodôme de Montréal est la première institution ayant réussi la reproduction de la grande raie en captivité, une espèce en danger d’extinction. Bien que les premières raies soient apparues il y a 150 millions d’années, les scientifiques connaissent peu d’information sur leur reproduction. 


Tout commença par un couple de grandes raies capturées au large de Boston. Introduites au Biodôme en avril 1997, ce n’est qu’en novembre 2003, que les premiers œufs ont été observés. Après la fécondation, l’œuf se recouvre d’une membrane de kératine et, à la suite de son expulsion, tombe au fond l’eau. À ce stade, l’œuf s’appelle une capsule. Parfois visibles sur la plage à marée basse, celles-ci sont alors qualifiées  « d’oreillers » ou de « coussins » de sirène. Les premières capsules du Biodôme ont été ramassées et placées dans des aquariums afin d’assurer leur survie et de mieux observer leur évolution. Entre 2004 et 2007, la femelle a libéré 33, 69, 85 puis 115 œufs par année.


La capsule a une forme rectangulaire et, à chaque coin, il y a un petit crochet recouvert de filaments adhésifs qui lui permet de s’accrocher aux roches ou aux algues. À l’intérieur, l’embryon est relié à une réserve alimentaire appelée vitellus. À mesure que le vitellus diminue et que l’embryon grandit, la queue se met à battre. Ce battement permet la circulation d’eau de mer à l’intérieur de la capsule grâce à de tout petits pores et assure ainsi sa propre oxygénation. On dirait un petit serpent, car les ailerons sont repliés sur son dos et sont invisibles. Les œufs éclosent après 342 à 494 jours d’incubation. L’embryon utilise alors sa tête pour défoncer la capsule et sortir. Les jeunes raies ont été nourries de krill et de poissons coupés en morceaux. L’élevage fut un succès : un seul décès en 24 mois!


Cette étude menée au Biodôme a permis de découvrir que la grande raie pond durant toute l’année, produit deux fois plus d’œufs que les estimations des chercheurs et que l’incubation est très longue. Elle démontre également que les œufs peuvent se développer à une température de 10 °C, en présence de nitrates et de phosphates. Ces poissons peuvent être reproduits en captivité dans certaines conditions. Les espoirs sont permis pour les futures générations.


Par Alan Mc Lean, biologiste et animateur au Biodôme de Montréal.

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