Alan Mc Lean, biologiste de formation, œuvre dans le domaine du journalisme et de la vulgarisation scientifique. Au Biodôme de Montréal, il sensibilise le public aux grands enjeux environnementaux.
Toits verts, façades et falaises
16-06-2010, 0 commentaire(s), Par : Alan Mc LeanLa vie hors du Dôme
En été, la vie hors du Dôme n’est pas facile car à Montréal, il fait chaud! Béton, briques et asphalte : nos villes ne sont faites que de matériaux absorbant la chaleur. Pire encore, même après une grosse averse, nos arbres demeurent déshydratés. Le feuillage dévie l’eau vers le trottoir. Elle ruisselle ensuite rapidement vers le système d’égout pour finalement disparaître du réseau biologique urbain. Malgré des pluies abondantes, le sol reste sec et beaucoup de nos grands arbres souffrent : la productivité biologique diminue. Si nos villes sont si chaudes et sèches, c’est qu’elles manquent d’eau. Or les plantes, grâce à leur évapotranspiration, pompent de l’eau du sol et la libèrent dans l’atmosphère, rabaissant ainsi la température de l’air. Voilà donc une bonne raison pour reverdir nos villes.
Afin de rafraichir nos villes et améliorer leur productivité biologique, nous devrions remplacer nos toits de goudrons par des toits blancs réfléchissant la chaleur au lieu de l’absorber. Mieux encore, reverdissons nos toits. En Suisse, tout nouvel édifice à toit plat doit obligatoirement être vert. Le secret d’un bon toit végétalisé réside dans l’épaisseur du substrat dans lequel les plantes vont s’enraciner. Un sol mince favorise les plantes colonisatrices de terrains rocailleux et sec tandis qu’un sol plus épais engendre une plus grande biodiversité car il permet l’enracinement d’une plus grande diversité de plantes. En Angleterre, par exemple, certains toits verts plus profonds abritent même des araignées rares.
Après la disparition du gazon et l’apparition des toits verts, il ne reste plus que les façades et les murs à habiller de verdure. Les façades de beaucoup de nos édifices sont des déserts biologiques. Pourtant, en plus de produire nectars, fruits et graines, les plantes grimpantes fournissent aussi des abris aux oiseaux et à une myriade d’insectes. En milieu urbain, les façades de nos édifices sont en réalité de véritables falaises et elles pourraient être aménagées comme telles : végétaux accrochés aux murs, plantes grimpantes, eau qui ruisselle et promontoires pour la faune. Si des faucons s’installent sur les hautes tours de Montréal, c’est que le milieu leur convient…
Par Alan Mc Lean, biologiste
Animateur au Biodôme de Montréal
Alan Mc Lean, biologiste de formation, œuvre dans le domaine du journalisme et de la vulgarisation scientifique. Au Biodôme de Montréal, il sensibilise le public aux grands enjeux environnementaux.
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